Un automobiliste qui dépassait de peu l’ancien plafond de ressources aurait pu renoncer à demander l’indemnité carburant au printemps. Depuis le 27 octobre 2026, il peut avoir intérêt à refaire le test : pour la période d’octobre à décembre, le plafond est passé de 16 880 € à 22 770 € de revenu fiscal de référence par part. Le montant de la nouvelle indemnité est de 100 €.
Cette ouverture ne signifie pas que tous les salariés touchent 100 €. L’usage professionnel du véhicule, les revenus de 2024, la motorisation et plusieurs conditions personnelles comptent. Voici comment distinguer une nouvelle possibilité d’éligibilité d’un droit effectivement acquis.
- Nouvelle période : du 1er octobre au 31 décembre 2026, indemnité forfaitaire de 100 €.
- Plafond de ressources : 22 770 € de revenu fiscal de référence 2024 par part, contre 16 880 € précédemment.
- Un trajet domicile-travail d’au moins 15 km par trajet ou 8 000 km annuels professionnels peut satisfaire le critère de distance ; d’autres conditions s’ajoutent.
- Les nouveaux demandeurs passent par le simulateur et l’espace Finances publiques ; date limite de demande : 31 décembre 2026.
Ce qui change réellement : le plafond, pas seulement le montant affiché
Le point décisif est le relèvement du seuil fiscal. Les services fiscaux fixent le nouveau plafond à 22 770 € de revenu fiscal de référence par part pour les revenus de 2024, contre 16 880 € pendant la phase précédente. L’écart est de 5 890 € par part. Il ne s’agit pas d’un salaire net mensuel universel : deux ménages percevant des salaires proches n’ont pas nécessairement le même revenu fiscal de référence ni le même nombre de parts.
Exemple purement illustratif : une personne dont l’avis d’imposition affiche 19 500 € de revenu fiscal de référence pour une part dépassait le seuil précédent, mais se situe sous le nouveau. Cela lui ouvre la possibilité de poursuivre le contrôle des autres conditions, sans garantir l’attribution de l’aide.
Le montant appelle également une précision : l’aide initialement annoncée au printemps à 50 € a ensuite été portée à 100 € pour la période avril-septembre. Il serait donc faux de prétendre qu’elle passe seulement maintenant de 50 à 100 €. La nouveauté d’octobre tient au renouvellement de l’aide sur trois mois, au relèvement du plafond et à l’ouverture d’un nouveau guichet aux personnes non encore bénéficiaires.
D’après la Direction générale des finances publiques, le public potentiellement concerné passe de 3 à 5,5 millions de personnes. Ce chiffre décrit un périmètre d’éligibilité potentiel, et non 5,5 millions de versements déjà réalisés.
Trajets et véhicule : qui peut remplir les critères ?
Le dispositif s’adresse aux personnes utilisant un véhicule personnel pour leur activité, y compris les allers-retours entre domicile et travail. L’administration retient deux possibilités : parcourir au moins 15 kilomètres par trajet domicile-travail ou au moins 8 000 kilomètres par an à titre professionnel, trajets domicile-travail inclus. Ces conditions sont alternatives : un conducteur qui ne satisfait pas la première peut remplir la seconde.
Le véhicule doit être à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, assuré à la date de la demande et répondre aux autres critères administratifs. Les véhicules entièrement électriques, les voitures de service ou de fonction et certaines catégories particulières sont exclus. Il ne suffit donc pas de posséder une voiture et d’effectuer un long trajet personnel.
La condition de ressources repose sur les revenus de 2024 : le chiffre à regarder figure sur l’avis d’impôt établi en 2025, pas sur le salaire du mois de novembre 2026. Le demandeur doit notamment être domicilié fiscalement en France, avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024, justifier de revenus d’activité dans les catégories admises (salaires, BIC, BNC ou BA) et ne pas avoir été redevable de l’impôt sur la fortune immobilière pour 2024.
Comment demander les 100 € sans se tromper de parcours ?
Deux situations sont prévues par l’administration. Les bénéficiaires de la période avril-septembre n’ont pas à déposer une seconde demande : les services fiscaux indiquent un versement automatique le 16 octobre pour les personnes concernées. À l’inverse, les travailleurs qui n’ont pas touché cette première indemnité peuvent utiliser le simulateur officiel publié sur impots.gouv.fr, puis effectuer la démarche dans leur espace Finances publiques si les critères sont remplis.
La demande est ouverte depuis le 27 octobre et doit être effectuée au plus tard le 31 décembre 2026. L’administration indique un versement sous dix jours après le dépôt d’un dossier recevable. Il est notamment demandé de fournir les éléments d’identité fiscale et les informations d’immatriculation du véhicule ; le demandeur doit déclarer sincèrement l’usage professionnel.
L’aide de cette période ne peut être accordée qu’une seule fois pour le même véhicule. Dans un couple possédant deux véhicules, les droits se déterminent selon les conditions de chaque demandeur et de chaque véhicule : il ne faut pas présumer d’un double versement automatique.
Quatre erreurs fréquentes avant de déposer un dossier
- Regarder son salaire actuel à la place du revenu fiscal 2024. Le bon indicateur est sur l’avis d’impôt.
- Confondre plafond et droit automatique. Les conditions d’activité, de trajet et de véhicule s’ajoutent à celle de ressources.
- Faire une seconde demande après un premier versement. La reconduction a été automatique pour les bénéficiaires précédents, selon la DGFiP.
- Reporter la démarche au début de 2027. L’échéance annoncée pour les nouveaux dossiers est le 31 décembre 2026.
Pour mesurer ce que représentent 100 € dans un budget automobile, il est possible de comparer les tarifs actuels du gazole et de l’essence sur nos statistiques de carburants, puis de rechercher les stations accessibles sur son itinéraire avec notre comparateur. Cette somme reste une aide forfaitaire : elle ne varie pas selon la facture exacte de carburant du bénéficiaire.
Le bon réflexe : si vous aviez été écarté uniquement par le seuil de ressources précédent, reprenez votre avis d’imposition 2025 et lancez le simulateur officiel. Le nouveau plafond peut changer votre situation, mais seule la vérification complète du dossier permet de savoir si les 100 € sont accessibles.