Trois carburants affichent une baisse sur nos données de la semaine, mais leurs trajectoires ne sont pas interchangeables. Le gazole a perdu 15,2 centimes par litre dans notre comparaison à sept jours au 6 novembre 2026 à 6 h 01 ; l'E10 4,9 centimes et le SP98 4,7 centimes. Même direction, amplitudes très différentes.
Le contraste est particulièrement important alors qu'une mesure exceptionnelle concerne l'approvisionnement en gazole. Il serait pourtant prématuré d'attribuer mécaniquement chaque centime de variation à cette décision : les carburants suivent aussi leurs propres marchés et leur propre rythme de mise à jour à la pompe.
- Sur sept jours au 6 novembre à 6 h 01 : gazole −15,2 c€/L, E10 −4,9 c€/L, SP98 −4,7 c€/L.
- Le gazole a donc baissé environ trois fois plus en valeur absolue que les deux essences comparées.
- Le dispositif sur les stocks stratégiques concerne le gazole et ne vaut pas remise générale pour les essences.
- Une baisse des moyennes ne prouve ni une cause commune unique ni une diminution à chaque station.
Sept jours de prix : trois baisses, trois intensités
Notre série sur sept jours compare des relevés nationaux, pas des tarifs isolés. Pour le gazole, on passe de 2,388 à 2,236 €/L ; pour l'E10, de 2,121 à 2,072 €/L ; pour le SP98, de 2,237 à 2,190 €/L. Le gazole recule ainsi d'environ 6,4 % sur cette comparaison, contre environ 2,3 % pour l'E10 et 2,1 % pour le SP98.
| Produit | Référence à 7 jours | 6 novembre, 6 h 01 | Écart / 50 L |
|---|---|---|---|
| Gazole | 2,388 €/L | 2,236 €/L | −7,60 € |
| SP95-E10 | 2,121 €/L | 2,072 €/L | −2,45 € |
| SP98 | 2,237 €/L | 2,190 €/L | −2,35 € |
Le tableau traduit des écarts de moyennes en euros sur un volume théorique identique. Il ne compare ni le coût d'un même trajet pour trois véhicules différents ni une promotion qui serait disponible partout. La mesure utilisée est l'écart entre deux points de la série.
Pourquoi la mesure sur le gazole ne suffit pas à expliquer l’E10 et le SP98
Depuis le 1er novembre, le gouvernement a ouvert un dispositif exceptionnel fondé sur dix millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques. L'objectif est de transférer aux clients l'avantage d'une cession à un coût inférieur aux références du marché. Le mécanisme n'est pas une remise réglementaire universelle sur le SP95-E10 ou le SP98.
Si l'essence baisse en même temps, il faut donc éviter une causalité automatique. Les marchés de gros, les coûts de transport et de distribution, les prix pratiqués localement et le calendrier des déclarations peuvent influencer les tarifs. Notre relevé constate le mouvement final ; il ne mesure pas séparément la contribution de chacun de ces facteurs.
Sur le gazole, la concomitance avec la mise en œuvre du décret fournit une explication plausible d'une partie du mouvement, mais le graphique de prix ne permet pas de quantifier seul cet effet. Une analyse causale exige d'autres données que la moyenne à la pompe.
Un centime le litre ne produit pas la même histoire selon l’échelle
À la station, une baisse de 1 centime représente seulement 50 centimes sur un plein de 50 litres. Sur la semaine observée, la variation nationale du gazole atteint 7,60 € sur ce même volume ; celle de l'E10 représente 2,45 €. C'est la différence entre le mouvement général et son intensité qui explique pourquoi les conducteurs diesel remarquent davantage la détente.
À l'inverse, un panneau affichant moins cher que la moyenne n'indique pas que le point de vente a baissé son tarif récemment : il pouvait déjà être compétitif. De même, une station qui baisse son gazole de plusieurs centimes peut rester chère par rapport aux concurrents voisins.
Pour un automobiliste, il y a deux décisions distinctes : observer la tendance pour comprendre son budget, puis choisir la pompe réellement accessible pour optimiser le plein. Notre comparatif national sert à la première ; le comparateur géolocalisé sert à la seconde.
Ce que disent — et ne disent pas — les relevés de novembre
Le tableau du 6 novembre repose sur 9 354 stations analysées. Le nombre de prix exploitable varie d'un carburant à l'autre : 9 119 stations pour le gazole, contre 7 063 pour le SP95-E10 selon les modules affichés. C'est une raison supplémentaire pour ne pas transformer les courbes en preuve d'un mouvement synchronisé dans chaque station.
Sur la journée seule, les variations sont aussi bien plus petites : notre bilan du matin mesure environ −1,1 centime de gazole et −1,2 centime d'E10 ou de SP98 entre les relevés comparables sur 24 heures. Le choix de la période modifie le message : la forte divergence se révèle sur sept jours, pas nécessairement sur la dernière nuit.
Enfin, le GPL n'est pas dans la même situation : nos données sur la période montrent un prix proche de 1,074 €/L au 6 novembre, sans baisse parallèle comparable. Dire « tous les carburants plongent » masquerait donc la réalité.
Le véritable enseignement de cette semaine est cette dissociation : le gazole mène la baisse, les essences reculent moins vite et chaque station garde son propre prix final. Ce constat est plus utile qu'une explication unique qui prétendrait couvrir tous les carburants.