En bref
  • 1er clic : le pistolet automatique détecte que le carburant remonte dans la goulotte et coupe le débit
  • 0 € à gagner : arrondir le montant n'apporte aucune économie, vous achetez simplement quelques centilitres de plus
  • 2 déclenchements maximum : Renault l'autorise sur certains modèles après le premier arrêt automatique, mais ce n'est pas une règle universelle
  • 85 % minimum : c'est l'efficacité de captage imposée par la réglementation européenne à certains systèmes de récupération des vapeurs d'essence
  • 5 secondes : certains constructeurs recommandent d'attendre quelques secondes avant de retirer le pistolet après la coupure

Vous êtes à 49,87 €. Le pistolet claque. Et là, le réflexe arrive : une petite pression pour atteindre 50,00 €. Puis parfois une deuxième. Ce geste paraît totalement anodin, mais le clic n'est pas là pour gâcher votre satisfaction comptable. Il signale que le système de remplissage estime que le carburant est arrivé au niveau où il doit couper.

Pourquoi le pistolet claque tout seul

À l'extrémité du pistolet se trouve un dispositif de détection relié à un mécanisme de coupure automatique. Tant que l'air circule normalement, le carburant continue de passer. Quand le niveau de carburant remonte dans la goulotte et perturbe ce circuit d'air, le mécanisme déclenche : clac, la poignée revient et le débit s'arrête.

Voilà le truc : ce clic ne signifie pas forcément que chaque recoin du réservoir contient du carburant jusqu'au bord. Un réservoir automobile doit conserver un volume libre. Le carburant se dilate avec la température et le circuit de mise à l'air doit pouvoir fonctionner correctement. Le système de remplissage est donc conçu pour arrêter avant un remplissage « à ras bord ».

La position du pistolet compte aussi. Un angle inhabituel, un débit très rapide, de la mousse — surtout avec le gazole — ou une goulotte particulière peuvent provoquer une coupure prématurée. Si le pistolet claque alors que vous venez à peine de commencer le plein, ce n'est évidemment pas la même situation qu'un clic après 40 L ou 50 L distribués.

Faut-il insister après le premier clic ?

Pour arrondir le montant, le meilleur réflexe est simple : ne prenez pas l'habitude d'insister. Plusieurs constructeurs recommandent d'arrêter dès la première coupure automatique, notamment pour ne pas remplir l'espace prévu pour l'expansion du carburant et éviter un débordement.

Mais il faut éviter une règle trop simpliste. Renault indique, sur plusieurs manuels récents, qu'après le premier arrêt automatique il est possible d'effectuer au maximum 2 déclenchements supplémentaires. Cette tolérance existe précisément pour conserver le volume d'expansion prévu par le véhicule. D'autres constructeurs, comme Ford, demandent au contraire de stopper au premier clic.

Conclusion pratique : le manuel de votre voiture prime. Si votre constructeur dit « premier clic et stop », n'insistez pas. S'il autorise un ou deux déclenchements supplémentaires, cela ne veut pas dire qu'il faut jouer à viser les centimes jusqu'à tomber sur un chiffre rond. C'est une limite, pas un objectif.

Sur les véhicules essence, il y a aussi la question des vapeurs. Les stations-service françaises sont équipées, selon leur catégorie et leur débit, de dispositifs destinés à récupérer une grande partie des vapeurs déplacées pendant le ravitaillement. La réglementation européenne fixe une efficacité minimale de captage de 85 % pour les systèmes concernés. Ajouter plusieurs petits coups de gâchette après l'arrêt ne rend donc pas le plein plus « propre » ; des études de terrain ont au contraire observé des émissions ponctuelles de vapeurs lors de ces remplissages forcés.

Arrondir le montant : ce que vous gagnez vraiment

Psychologiquement, 50,00 € est plus satisfaisant que 49,87 €. Financièrement, ça ne change rien. Les 0,13 € supplémentaires correspondent simplement à du carburant supplémentaire facturé au prix affiché à la pompe.

Prenons un exemple à 1,80 €/L. Pour passer de 49,87 € à 50,00 €, vous ajoutez environ 0,07 L, soit à peine 7 cL. Même avec une voiture consommant 6 L/100 km, cela représente à peine plus de 1 km d'autonomie théorique. Autrement dit, vous n'améliorez ni le prix au litre ni le coût du trajet : vous déplacez seulement quelques centimes de votre prochain plein vers celui-ci.

Le vrai levier d'économie est ailleurs. Un écart de seulement 0,05 €/L entre deux stations représente déjà 2,50 € sur un plein de 50 L. Voilà pourquoi il est beaucoup plus utile de comparer les stations avant de faire le plein que de batailler avec la gâchette pour obtenir un montant rond. Vous pouvez vérifier les prix autour de vous avec notre comparateur de carburants.

Le bon réflexe à adopter à la pompe

Quand le clic arrive en fin de plein, relâchez la poignée. Consultez la recommandation de votre véhicule si vous avez un doute. Et si le constructeur autorise un ou deux déclenchements supplémentaires, restez dans cette limite sans chercher à remplir jusqu'au col de la goulotte.

Si le pistolet coupe très tôt alors que le réservoir est manifestement loin d'être plein, repositionnez-le correctement et reprenez à débit modéré. Si le phénomène se répète dans plusieurs stations, une vérification de la goulotte ou du système de mise à l'air peut être pertinente. À l'inverse, si le carburant remonte, éclabousse ou déborde, arrêtez immédiatement.

Enfin, ne confondez pas « capacité du réservoir » et quantité que vous devez absolument réussir à y verser. Une capacité annoncée de 50 L ne signifie pas que vous devez voir exactement 50 L sur l'afficheur à chaque plein. Il reste du carburant avant le ravitaillement, les jauges ont une marge et le système conserve volontairement un espace d'expansion.

Le montant rond est agréable à regarder. Le clic, lui, a une fonction technique. Entre les deux, mieux vaut écouter la voiture. Et si votre objectif est réellement de payer moins cher, regardez plutôt les écarts entre stations sur nos statistiques nationales des prix des carburants avant votre prochain passage à la pompe.