- Brent à 103 $ le 14 mars, +42 % depuis le début du conflit
- Scénario pessimiste : baril à 130 $, litre au-delà de 2,50 €
- Scénario modéré : stabilisation autour de 80-90 $, litre entre 2 et 2,10 €
- Scénario optimiste : retour sous 75 $ d'ici l'été, litre sous 1,80 €
- Budget carburant annuel : jusqu'à +15 % en 2026 si la crise dure
La situation au 15 mars 2026
Les chiffres donnent le vertige. Le baril de Brent a clôturé à 103,14 dollars vendredi 14 mars, en hausse de 42 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février. Son équivalent américain, le WTI, a atteint 98,71 dollars, soit +47 % sur la même période. Du jamais vu sur un laps de temps aussi court.
À la pompe, les conséquences sont déjà là : le diesel a franchi les 2 euros en moyenne nationale, le SP95-E10 dépasse 1,86 €/L, et le SP98 frôle les 2 €/L. Seuls le Superéthanol E85 (0,80 €) et le GPL (0,97 €) résistent.
La question que se posent tous les automobilistes : est-ce que ça va continuer à monter ? Et jusqu'où ?
Comment le cours du baril impacte votre plein
Le pétrole brut ne représente qu'environ un tiers du prix à la pompe. Le reste, ce sont les taxes (TICPE, TVA, CEE), les marges de raffinage et les coûts de distribution. Ce mécanisme joue dans les deux sens :
- Une hausse de 10 dollars du baril se traduit par +6 à 8 centimes par litre à la pompe
- Le délai de répercussion est de 7 à 15 jours : les prix montent vite, mais redescendent lentement
- Les taxes fixes jouent un rôle d'amortisseur : si le baril double, le prix à la pompe n'augmente pas du double
Concrètement, avec un baril passé de 70 à 103 dollars (+33 $), on pouvait s'attendre à une hausse de 20 à 26 centimes par litre. C'est exactement ce qui s'est produit pour le diesel (+30 centimes) et l'essence (+15 centimes).
Scénario 1 : l'accalmie rapide (baril sous 75 $)
C'est le scénario le plus favorable. Si le conflit au Moyen-Orient se résout dans les prochaines semaines et que le détroit d'Ormuz retrouve un trafic normal, les analystes de Goldman Sachs et de l'IEA estiment que le baril pourrait revenir entre 60 et 75 dollars d'ici l'été 2026.
Dans ce cas, les prix à la pompe retrouveraient des niveaux proches de ceux de fin 2025 : diesel autour de 1,70-1,75 €/L, SP95-E10 autour de 1,75 €/L. La baisse serait toutefois lente : comptez 3 à 4 semaines après la détente du baril pour voir les prix redescendre significativement en station.
Probabilité estimée par les analystes : 25-30 %.
Scénario 2 : la tension durable (baril entre 80 et 100 $)
C'est le scénario jugé le plus probable par la majorité des experts. Le conflit s'enlise, le détroit d'Ormuz reste partiellement perturbé, mais sans escalade majeure. L'OPEP+ a annoncé une hausse de production de 206 000 barils/jour à partir d'avril, mais les analystes estiment que c'est insuffisant pour compenser les perturbations.
Dans ce scénario, le baril oscille entre 80 et 100 dollars pendant plusieurs mois. Les prix à la pompe se stabilisent entre 2,00 et 2,10 €/L pour le diesel, et entre 1,85 et 1,95 €/L pour le SP95-E10.
Pour les ménages, cela représente un surcoût de 10 à 15 % sur le budget carburant annuel, soit environ 200 à 270 euros de plus par an pour un conducteur parcourant 13 000 km.
Probabilité estimée : 45-50 %.
Scénario 3 : l'escalade (baril au-delà de 130 $)
C'est le scénario catastrophe. Si le conflit s'étend à d'autres pays producteurs du Golfe, ou si l'Iran met à exécution sa menace de bloquer totalement le détroit d'Ormuz, le baril pourrait atteindre 130 dollars voire 200 dollars selon l'association 40 millions d'automobilistes.
À ce niveau, les prix à la pompe exploseraient :
- Diesel : 2,30 à 2,50 €/L voire davantage
- SP95-E10 : 2,20 à 2,40 €/L
- Un plein de 50L de diesel : 115 à 125 € (contre 85 € fin 2025)
La France dispose de 17 millions de tonnes de réserves stratégiques, soit trois mois de consommation, mais un blocage prolongé d'Ormuz déstabiliserait l'ensemble du marché européen. Le G7 Énergie, réuni le 10 mars à Paris, a évoqué un déblocage coordonné de jusqu'à 400 millions de barils.
Probabilité estimée : 15-20 %.
Comment se protéger dès maintenant
Quel que soit le scénario, les bons réflexes restent les mêmes :
- Comparer avant chaque plein : les écarts entre stations peuvent dépasser 20 centimes. Utilisez notre comparateur en temps réel pour trouver la station la moins chère autour de vous
- Éviter les stations autoroutières : elles pratiquent des prix 15 à 20 % supérieurs. Consultez nos astuces pour les trajets longue distance
- Envisager les carburants alternatifs : le E85 à 0,80 €/L et le GPL à 0,97 €/L sont les seuls à résister à la crise
- Surveiller les opérations prix coûtant : les grandes surfaces en lancent régulièrement en période de tension
- Adopter l'éco-conduite : réduire sa vitesse de 10 km/h permet d'économiser environ 1 L/100 km
La situation reste incertaine, mais une chose est sûre : comparer les prix n'a jamais été aussi important. Notre comparateur gratuit vous aide à limiter la casse sur chaque plein, quel que soit le scénario qui se dessine.