- Diesel à 2,031 €/L : record historique, +15 % en une semaine
- SP95-E10 à 1,860 €/L, SP98 proche des 2 €
- Cause : conflit Iran, blocage du détroit d'Ormuz (+13 % du Brent)
- TotalEnergies plafonne à 1,99 €/L dans 1 830 stations
- Le E85 reste sous les 0,80 € : seul carburant épargné
Les prix constatés au 11 mars 2026
Les données publiées par Roole Data et confirmées par le Ministère de l'Économie dressent un tableau sans appel :
- Diesel (B7) : 2,031 €/L en moyenne : il franchit la barre symbolique des 2 euros, en hausse de plus de 15 % sur une semaine
- SP98 : 1,957 €/L : le carburant classique le plus cher à la pompe
- SP95 : 1,909 €/L
- SP95-E10 : 1,860 €/L : en hausse de plus de 5 % en sept jours
- Superéthanol E85 : 0,796 €/L : le seul à rester sous la barre de l'euro
- GPL : 0,978 €/L
Entre le 1er et le 9 mars, le SP95 est passé de 1,772 à 1,867 €/L, tandis que le gazole bondissait de 1,722 à 1,989 €/L. Des écarts jamais vus depuis la crise ukrainienne de 2022.
Pourquoi cette flambée ?
Tout part du conflit en Iran déclenché le 28 février 2026. L'opération militaire conjointe américano-israélienne a immédiatement provoqué le blocage du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole. Le baril de Brent, qui s'échangeait autour de 71 dollars fin février, a bondi de plus de 13 % en quelques jours.
À cette tension géopolitique s'ajoute la hausse de la contribution aux certificats d'économie d'énergie (CEE), passée de 11 à 16-17 centimes par litre depuis le 1er janvier 2026. Un surcoût de 5 à 6 centimes qui alourdit mécaniquement chaque plein.
Ce que fait le gouvernement
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a convoqué les acteurs du secteur le 5 mars à Bercy. La DGCCRF a déjà réalisé 231 contrôles sur 500 prévus, révélant 16 % d'anomalies dans les stations inspectées. TotalEnergies a annoncé un plafonnement à 1,99 €/L pour l'essence et le diesel dans 1 830 de ses 3 300 stations, effectif dès le 13 mars.
Emmanuel Macron a également évoqué l'utilisation des réserves stratégiques : 17 millions de tonnes de pétrole brut, soit trois mois de consommation : pour contenir la pression sur les prix.
Comment payer moins cher dès maintenant
Roland Lescure a encouragé les automobilistes à utiliser des applications de comparaison en temps réel. Avec des écarts pouvant atteindre 15 à 20 centimes entre deux stations voisines, comparer avant de faire le plein peut représenter 7 à 10 € d'économies par plein de 50 litres.
Utilisez notre comparateur gratuit pour trouver instantanément la station la moins chère autour de vous. Les données sont issues directement de l'API officielle du gouvernement, mises à jour en continu.
Autre levier à considérer : le passage au Superéthanol E85, qui reste sous les 0,80 €/L même en période de crise. Pour ceux qui roulent beaucoup, c'est le carburant qui amortit le mieux le choc actuel.
Quelles perspectives pour les semaines à venir ?
Tant que le détroit d'Ormuz reste sous tension, les prix resteront élevés. Un G7 Énergie réunissant les ministres des Finances s'est tenu le 10 mars à Paris pour coordonner la réponse internationale. La France a annoncé l'envoi de sa marine pour sécuriser le trafic pétrolier dans le détroit.
Selon les analystes, si le conflit s'enlise, le baril pourrait durablement dépasser les 100 dollars. Pour les automobilistes, cela signifie un budget carburant annuel pouvant grimper de 10 à 15 % par rapport à 2025. Raison de plus pour adopter les bons réflexes et comparer systématiquement avant chaque plein.