- 2,31 €/L : le gazole a franchi ce cap mi-septembre 2026, contre 2,23 €/L au 1er du mois
- +8,77 % : la flambée du baril de pétrole WTI en 24h le 11 septembre, avec un effet attendu à la pompe sous 1 à 2 semaines
- 17 octobre 2026 : la date qui circule massivement sur les réseaux sociaux pour un retour des Gilets jaunes
- 94 % des répondants à un sondage du collectif Gilets Jaunes 65 se disent favorables à une reprise de la mobilisation
- Le gouvernement juge la situation 2026 « non comparable » à celle de 2018
Pourquoi le carburant flambe encore en cette rentrée
Le 1er septembre, le gazole s'affichait à 2,232 €/L en moyenne nationale. Douze jours plus tard, il dépasse déjà 2,30 €/L, avec des relevés quotidiens qui grimpent presque sans interruption. Le SP95-E10, lui, a franchi la barre symbolique des 2 €/L et ne redescend plus. Vous pouvez suivre cette progression jour après jour sur notre page de statistiques nationales.
La cause n'est pas franco-française. Le 11 septembre, le baril de pétrole WTI a bondi de 8,77 % en une seule journée, porté par l'escalade des tensions au Moyen-Orient. Ce type de choc met généralement une à deux semaines avant de se répercuter pleinement sur les prix à la pompe. Autrement dit : la hausse actuelle n'a pas encore livré tous ses effets, et une bonne partie des automobilistes n'a pas fini de le sentir sur leur budget.
Ajoutez à ça une inflation qui grignote le pouvoir d'achat et une confiance des ménages toujours en berne, et vous obtenez l'ingrédient qui, historiquement, a toujours fait sortir les Français sur les ronds-points : le sentiment de payer plus cher pour rouler pareil.
Le 17 octobre, nouvelle date symbolique pour un retour des Gilets jaunes ?
Depuis quelques jours, une date tourne en boucle sur les réseaux sociaux, TikTok en tête : le samedi 17 octobre 2026. Une pétition lancée le 11 septembre a déjà rassemblé plus de 6 700 signatures, et un premier rassemblement organisé par le collectif « Unité Gilets jaunes » s'est tenu le 12 septembre à Paris.
Sur le terrain politique, certains n'attendent pas le 17 octobre pour se positionner. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a appelé les Français à « se mobiliser sur les ronds-points » si l'exécutif n'agit pas rapidement sur les prix de l'énergie. Du côté d'anciens visages du mouvement de 2018, l'accueil est plus partagé : certains parlent d'une colère « largement légitime », d'autres restent prudents sur la forme que pourrait prendre une remobilisation.
Signe que le sujet inquiète en haut lieu : interrogé sur le sujet, l'exécutif temporise et insiste sur le fait que la situation de 2026 ne serait « en rien comparable » à celle de 2018.
2018 vs 2026 : la même colère, un autre contexte
Sur le papier, le point de départ se ressemble : un prix du carburant qui devient insupportable pour les ménages qui dépendent de leur voiture au quotidien. Mais plusieurs éléments distinguent les deux périodes.
- Déclencheur : en 2018, une hausse de taxe carbone programmée par l'État ; en 2026, une flambée du baril liée à un contexte géopolitique
- Organisation : des groupes Facebook en 2018 ; des appels TikTok, sans organisation nationale clairement identifiée, en 2026
- Autres griefs : fiscalité et limitation à 80 km/h en 2018 ; loi Duplomb, pouvoir d'achat et question climatique en 2026
- Position du gouvernement : fermeté initiale puis recul sur la taxe en 2018 ; temporisation et comparaison jugée non pertinente en 2026
La différence la plus importante n'est peut-être pas dans les causes, mais dans l'origine du problème. En 2018, l'État était directement à la manœuvre via la fiscalité, ce qui donnait une cible claire à la colère. En 2026, la hausse vient d'abord des marchés pétroliers internationaux, un adversaire plus diffus, plus difficile à personnifier sur un rond-point.
Le mouvement peut-il vraiment reprendre de l'ampleur ?
Difficile à dire à ce stade. Les ingrédients de la colère sont réunis : prix à la pompe, pouvoir d'achat, sentiment d'injustice fiscale. Mais un mouvement de rue a besoin de plus que de la colère pour durer dans le temps.
Pour rappel, en 2018, la mobilisation était passée de 282 000 manifestants le 17 novembre à 66 000 un mois plus tard, puis 38 600 fin décembre. L'essoufflement peut être rapide, même quand la cause reste légitime aux yeux d'une majorité de sondés.
Pour l'instant, les appels au 17 octobre restent dispersés, sans porte-parole ni structure nationale clairement identifiée, ce qui pourrait aussi bien freiner la mobilisation que lui permettre d'échapper à toute récupération politique. La suite dépendra surtout de deux facteurs : l'ampleur de la prochaine hausse à la pompe, et la réponse — ou l'absence de réponse — du gouvernement dans les prochains jours.
En attendant de savoir si les ronds-points se rempliront à nouveau, la meilleure parade reste individuelle : surveiller les prix au quotidien et changer de station dès que l'écart le justifie. Avec 26 centimes d'écart entre l'enseigne la moins chère et la plus chère sur le gazole, comparer avant de faire le plein n'a jamais été aussi rentable. C'est justement ce que permet notre comparateur de prix carburant, alimenté en temps réel par les stations de toute la France.
Credit image : Image par jacqueline macou de Pixabay