Une borne annonce quelques centimes par minute et une autre un prix au kilowattheure. Impossible de les comparer en regardant seulement les deux nombres : la première vous vend du temps, la seconde de l’énergie. Le prix effectif dépend donc de la puissance moyenne reçue par votre voiture. Un chargeur embarqué limité, une batterie froide ou une fin de session lente peuvent faire basculer l’offre qui semblait la moins chère.
- Formule : prix au kWh équivalent = prix par minute × 60 / puissance moyenne.
- Exemple : à 0,06 €/min, 7,2 kW moyens donnent 0,50 €/kWh.
- Mesure : utiliser les kWh du reçu et la durée facturée, pas la puissance maximale annoncée.
- Limite : ajouter les frais de lancement, stationnement et occupation.
Trouver la puissance qui rend le temps rentable
Prenons une simulation : la borne A facture 0,06 €/minute et la borne B 0,50 €/kWh, sans autres frais. Une heure sur A coûte 3,60 €. Si la voiture reçoit 7,2 kWh pendant cette heure, le coût est exactement 0,50 €/kWh. Le seuil de comparaison est donc 7,2 kW de puissance moyenne. Au-dessus, A est moins chère dans ces hypothèses ; au-dessous, B gagne.
La formule générale est simple : tarif à la minute × 60, divisé par tarif au kWh concurrent. Avec 0,08 €/minute face à 0,60 €/kWh, le seuil devient 8 kW. Il ne s’agit pas de la puissance inscrite sur le capot de la borne : seule la moyenne délivrée pendant la période facturée permet de conclure.
La tarification temporelle existe réellement. La Métropole Rouen Normandie distingue, par exemple, des points facturés au temps et d’autres à l’énergie. Les tarifs utilisés ici restent des hypothèses pédagogiques ; vérifiez toujours l’offre du point précis avant de vous brancher.
Pourquoi le maximum de la borne ne suffit pas
| Puissance moyenne supposée | Énergie en une heure | Prix équivalent à 0,06 €/min |
|---|---|---|
| 3,6 kW | 3,6 kWh | 1 €/kWh |
| 7,2 kW | 7,2 kWh | 0,50 €/kWh |
| 11 kW | 11 kWh | 0,327 €/kWh environ |
Une voiture limitée à 7,4 kW en courant alternatif ne tire pas 22 kW parce que la borne porte cette inscription. La température, la limite de charge choisie, le niveau de batterie et le partage éventuel de puissance peuvent encore réduire la moyenne. Il faut aussi identifier si le compteur de temps commence avant le transfert d’énergie.
Pour contrôler une session passée, divisez le montant énergétique et temporel par les kWh réellement facturés. Ainsi, 7,20 € pour 12 kWh correspondent à 0,60 €/kWh, même si le panneau affichait une valeur à la minute séduisante. Gardez le reçu : il permet de comparer votre véhicule dans ses conditions réelles plutôt qu’un scénario de recharge idéal.
La fin de recharge peut renchérir toute la session
Supposons une première heure à 11 kW moyens : 11 kWh coûtent 3,60 €. Une seconde heure ne délivrant que 3 kWh ajoute encore 3,60 €. Le total devient 7,20 € pour 14 kWh, soit environ 0,514 €/kWh. Une fin lente suffit à dépasser légèrement la borne concurrente à 0,50 €/kWh de notre exemple.
Cela ne signifie pas qu’il faut toujours interrompre la recharge à un pourcentage fixe. Si les kilomètres nécessaires exigent cette énergie, elle doit être acquise quelque part. Comparez l’option de continuer avec celle d’un nouvel arrêt, ses frais de lancement et son détour. Si l’énergie utile est déjà obtenue, prolonger une session au temps devient en revanche une dépense évitable.
- Estimez les kWh nécessaires avant de brancher.
- Observez la puissance après le démarrage.
- Calculez le coût équivalent si la puissance reste faible.
- Arrêtez et libérez la place quand le besoin est couvert.
Quand accepter un prix effectif supérieur
Un stationnement utile peut rendre le coût total raisonnable même si le kWh paraît cher. Si une borne inclut une place dont vous avez besoin, comparez énergie et stationnement ensemble. À l’inverse, une session peu chère en énergie peut coûter davantage lorsqu’un parking indépendant facture plusieurs heures en plus.
Le temps passé à chercher une autre borne compte aussi. Pour gagner 0,60 € sur une petite charge, quitter une place pratique et faire un détour n’est pas forcément rationnel. La priorité est d’identifier une mauvaise surprise importante, pas de poursuivre systématiquement le centime le plus bas.
Retenez enfin un seuil personnel : la puissance minimale qui rend votre tarif temporel acceptable. Après deux ou trois sessions comparables, ce repère devient facile à vérifier. Recalculez-le si les tarifs ou les capacités de votre prochaine voiture changent.
Avant de comparer une minute à un kWh, convertissez-les sur la puissance moyenne de votre voiture ; préparez l’arrêt avec la carte des bornes et votre budget global avec les repères de prix.