- L'Espagne envisage le retour de la remise de 20 centimes/litre comme en 2022
- Le ministre Carlos Cuerpo prépare un plan de baisses fiscales sur le diesel et l'électricité
- Diesel à 2,22 €/L à Valence, proche des records de 2022
- En 2022, l'Espagne avait débloqué 16 milliards d'euros pour amortir le choc énergétique
- En France, le gouvernement mise sur les contrôles DGCCRF et le plafonnement des marges
La situation en Espagne mi-mars 2026
L'Espagne n'est pas épargnée par la flambée des prix du carburant provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Le diesel approche dangereusement les 2 euros le litre dans de nombreuses stations espagnoles, et atteint même 2,22 €/L à Valence selon les relevés du 10 mars 2026. L'essence SP95 dépasse les 1,90 € dans des villes comme Barcelone et Saragosse.
Ces niveaux rappellent les records de juillet 2022, quand l'invasion de l'Ukraine avait poussé le SP95 au-delà de 2,14 €/L. Le conflit impliquant l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont fait bondir le Brent de plus de 42 % en deux semaines, une hausse qui se répercute maintenant pleinement sur les prix à la pompe des deux côtés des Pyrénées.
Les mesures envisagées par Madrid
Le ministre espagnol de l'Économie Carlos Cuerpo a annoncé le 12 mars 2026 la préparation d'un plan de mesures fiscales. Parmi les pistes évoquées :
- Réintroduction de la remise de 20 centimes par litre : le même dispositif qu'en 2022, applicable à tous les automobilistes (15 centimes financés par l'État, 5 centimes par les compagnies pétrolières)
- Baisses d'impôts sur les carburants : réduction temporaire de la fiscalité sur le diesel et l'essence
- Mesures sur l'électricité : maintien de la TVA réduite et plafonnement des tarifs pour les ménages vulnérables
- Aides ciblées au transport : subventions directes aux transporteurs routiers (1 250 € par camion, 900 € par bus)
Le gouvernement de Pedro Sanchez avait déjà ajusté la fiscalité du diesel début 2026, avec une hausse de 7 à 10 centimes par litre liée à l'harmonisation européenne. Ironie du sort : cette mesure pourrait être partiellement annulée par le nouveau plan d'aide.
Le précédent de 2022 : un plan à 16 milliards d'euros
L'Espagne a de l'expérience en matière de réponse aux crises énergétiques. En mars 2022, face à l'envolée des prix liée à la guerre en Ukraine, Madrid avait déployé un plan massif de 16 milliards d'euros comportant :
- La remise de 20 centimes/litre sur tous les carburants, applicable du 1er avril au 30 juin 2022, puis progressivement réduite
- Le plafonnement des loyers à +2 %
- La réduction de la TVA sur l'électricité de 21 % à 10 %
- L'augmentation de 15 % du revenu minimum vital
- Des aides directes de 450 millions d'euros pour le secteur du transport
Ce plan avait été salué comme l'un des plus ambitieux d'Europe. Son coût total avait été financé par une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des énergéticiens et des banques.
Ce que fait la France de son côté
La France adopte une approche différente. Plutôt que des subventions directes à la pompe, le gouvernement mise sur :
- Les contrôles DGCCRF : 500 inspections déployées, 16 % d'anomalies détectées
- Le plafonnement des marges : une mesure inspirée du modèle grec, en cours d'étude
- La mobilisation de la grande distribution : TotalEnergies plafonne à 1,99 € puis 2,09 €/L
- Les réserves stratégiques : 17 millions de tonnes mobilisables en cas de besoin
La structure fiscale française laisse peu de marge de manœuvre : l'accise sur le SP95 est de 68,29 c/L (contre environ 47 c/L en Espagne), ce qui explique en partie l'écart de prix entre les deux pays. Selon les données de la Commission européenne au 9 mars 2026, le SP95 coûte en moyenne 1,77 €/L en Europe, mais les écarts vont de 1,20 € en Pologne à plus de 2,17 € aux Pays-Bas.
Ce que les automobilistes français peuvent en retenir
Le modèle espagnol de la remise directe à la pompe est simple et immédiatement visible pour le consommateur. En France, aucune mesure comparable n'est pour l'instant annoncée. Les automobilistes doivent donc compter sur eux-mêmes pour limiter la facture :
- Comparer les prix avant chaque plein : les écarts entre stations peuvent atteindre 20 centimes, soit 10 € sur un plein de 50 litres. Utilisez notre comparateur en temps réel
- Privilégier les grandes surfaces : 5 à 10 centimes moins cher que les stations de marque
- Envisager les carburants alternatifs : le E85 reste sous 0,80 €/L malgré la crise
Que Madrid opte finalement pour une remise à la pompe ou des baisses fiscales, une chose est sûre : la réponse politique à la flambée des prix sera un sujet majeur des prochaines semaines en Europe. En attendant, le comparateur reste votre meilleur allié pour trouver le carburant le moins cher près de chez vous.