- Nouvel arrêté au Journal officiel : circulation des camions-citernes autorisée du samedi 16 mai 10 h au lundi 18 mai 10 h
- Seuls les véhicules de plus de 7,5 tonnes transportant des hydrocarbures vers les stations-service sont concernés
- Mesure beaucoup plus courte que la précédente : 48 heures seulement, contre un mois en avril
- Objectif : éviter les ruptures du lundi matin, jour noir habituel des pompes
- Contexte : tensions persistantes liées au conflit au Moyen-Orient
Ce que dit le nouvel arrêté du 16 mai
Publié au Journal officiel ce samedi 16 mai 2026, l'arrêté interministériel lève temporairement l'interdiction de circuler imposée aux poids lourds. Les véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes qui desservent les stations-service peuvent rouler partout en France du samedi 16 mai à 10 h au lundi 18 mai à 10 h. Le retour à vide des camions est lui aussi autorisé.
En temps normal, ces véhicules ne peuvent pas circuler les samedis à partir de 22 h, ni les dimanches et jours fériés jusqu'à 22 h. Seules les livraisons vers les stations d'autoroutes, les routes à accès réglementé, les aéroports et les ports bénéficient d'une dérogation permanente. Cette fois, le périmètre s'élargit à toutes les stations-service, urbaines comme rurales.
La justification officielle est inchangée : « la nécessité de prévenir tout risque de perturbation des approvisionnements en carburants des stations-service dans le contexte du conflit armé au Moyen-Orient ». Le mot pénurie n'est pas prononcé, mais l'idée est là.
Le deuxième tour de vis en un mois
Ce n'est pas la première fois. Le 9 avril 2026, un arrêté similaire avait déjà levé les restrictions, sur une durée bien plus longue : tous les week-ends et jours fériés du 10 avril au 11 mai inclus. À l'époque, 13 % des stations connaissaient des ruptures partielles ou totales, avec un pic à environ 20 % au sortir du week-end de Pâques.
Cette nouvelle mesure, prise seulement cinq jours après l'expiration de la première, montre que la tension ne s'est pas vraiment dissipée. Mais l'arbitrage gouvernemental a changé d'échelle : on passe d'un dispositif d'un mois à une fenêtre de 48 heures ciblée sur un seul week-end. Traduction politique : on garde l'outil sous le coude, on l'active week-end par week-end selon la pression sur les stocks.
Pourquoi le lundi est le jour noir des pompes ?
Voilà la mécanique que le gouvernement essaie de casser. Le week-end concentre les départs en route, les pleins de précaution, les trajets de loisirs. Le samedi est le pic absolu d'affluence en station. Or, dans la grande majorité des départements, les stations ne sont pas réapprovisionnées le dimanche. Résultat : lundi matin, les cuves les plus sollicitées sont à sec.
L'effet est connu et documenté. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
| Jour | Affluence en station | Risque de rupture |
|---|---|---|
| Mardi - mercredi | Faible | Très faible |
| Jeudi - vendredi | Modérée | Faible |
| Samedi | Pic absolu | Modéré |
| Lundi matin | Forte (trajet travail) | Maximal |
Avec des livraisons autorisées dès samedi 10 h et toute la journée du dimanche, les distributeurs peuvent remplir les cuves au fur et à mesure des passages des automobilistes. C'est moins de panique, moins de files d'attente, et moins de pompes hors service le lundi.
Camions sur les routes : la vigilance s'impose
Le revers de la médaille. Ce week-end, vous allez croiser beaucoup plus de poids lourds sur les routes, y compris le dimanche. Les camions-citernes ne sont pas des camions comme les autres : chargés, ils dépassent les 40 tonnes, transportent des matières inflammables et ont des distances de freinage allongées.
Quelques réflexes simples qui peuvent éviter le pire :
- Au moins 3 secondes de distance derrière un camion-citerne, davantage par temps de pluie
- Pas de dépassement à la corde : laissez de la marge latérale, les remous d'air d'un 40 tonnes déstabilisent une voiture légère
- Évitez les angles morts : si vous ne voyez pas les rétroviseurs du chauffeur, lui non plus ne vous voit pas
- Ne restez pas collé derrière une citerne dans un tunnel ou un bouchon prolongé
Les retours à vide étant autorisés, le trafic poids lourds sera dense dans les deux sens, jour et nuit pendant 48 heures.
Les bons réflexes pour ce week-end
La mesure ne dure que jusqu'à lundi matin. Au-delà, soit le gouvernement publie un nouveau texte, soit on revient au régime normal et les ruptures du lundi pourraient revenir. En attendant, quelques règles pour ne pas se retrouver coincé :
- Faites le plein dès samedi ou dimanche matin : les stations seront réapprovisionnées en continu, c'est le bon moment
- Évitez le rush du dimanche soir : les retours de week-end créent des files dans les stations d'autoroute
- Comparez avant de rouler : à 15 centimes d'écart par litre, c'est 9 € de différence sur un plein de 60 L
- Surveillez votre jauge : ne descendez plus sous le quart de réservoir tant que la situation n'est pas stabilisée
Pour repérer en temps réel les stations approvisionnées près de chez vous et leurs prix, utilisez notre comparateur de prix carburant. Vous pouvez aussi suivre l'évolution des prix nationaux jour par jour pour anticiper les hausses.
Soyons honnêtes : tant que le baril restera nerveux, ce type d'arrêté d'urgence pourrait revenir week-end après week-end. Le gouvernement a clairement choisi le pilotage à vue plutôt qu'une mesure longue. À vous de garder un œil sur la jauge.