En bref
  • Accord de paix USA-Iran le 19 juin : le détroit d'Ormuz rouvre — fin de 3 mois et demi de crise pétrolière
  • Brent à ~80 $/baril : en chute libre depuis le pic à 126 $ en mars, la prime de guerre s'efface
  • Diesel à 1,994 €/L ce 18 juin — repassé sous les 2 € pour la première fois depuis le déclenchement du conflit
  • 100 € d'aide grands rouleurs : le formulaire est ouvert sur impots.gouv.fr jusqu'au 27 juillet, 3 millions de Français éligibles
  • TotalEnergies prix unique ce week-end : essence à 1,99 €/L et diesel à 2,09 €/L dans 3 300 stations pour la Fête des Pères

Le diesel repassait sous les 2 €/L jeudi 18 juin. Une ligne symbolique que beaucoup pensaient ne plus revoir avant l'été. Voilà le résumé de ces deux dernières semaines : beaucoup de bruit, beaucoup de nervosité, et finalement un retournement de situation que personne n'avait vraiment anticipé à cette vitesse. Tour d'horizon de tout ce qui s'est passé, chiffres à l'appui.

Ce que la guerre au Moyen-Orient a coûté à votre plein

Retour rapide en arrière pour ceux qui auraient manqué le début. Le 28 février 2026, des frappes américano-israéliennes sur l'Iran déclenchaient une escalade militaire qui allait bloquer le détroit d'Ormuz — ce couloir de 54 km de large par lequel transite normalement 20 % du pétrole mondial.

La réaction des marchés a été immédiate et brutale. Le baril de Brent, qui pointait à 72 $ en fin février, s'est envolé à 103 $ mi-mars, frôlant les 120 $ en séance asiatique lors des pics de tension. À la pompe, ça s'est traduit sans délai : le gazole montait jusqu'à 2,397 €/L au 8 avril — son niveau le plus haut depuis 2022.

Concrètement, sur un plein de 60 litres, un automobiliste payait environ 14 € de plus qu'en janvier. Pour quelqu'un qui fait le plein deux fois par mois, ça faisait 335 € de surcoût annualisé en régime de crise. Pas rien.

L'accord de paix et la chute des cours : ce qui change vraiment

Le 15 juin 2026, Washington et Téhéran annonçaient un accord de cessez-le-feu, avec une cérémonie de signature à Genève le 19 juin. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur discret mais efficace du dossier, confirmait la finalisation du texte. Trump annonçait dans la foulée la réouverture du détroit d'Ormuz « sans droits de passage ».

Les marchés n'ont pas attendu l'encre sèche. Le Brent a dévissé sous les 80 $/baril en quelques jours, effaçant une bonne partie de la prime de risque géopolitique accumulée depuis mars. Le vice-président américain J.D. Vance confirmait jeudi que 12,5 millions de barils avaient déjà transité par Ormuz depuis la signature.

Soyons honnêtes cependant : la situation reste à surveiller. Les marchés digèrent encore les incertitudes sur l'application réelle de l'accord, et Goldman Sachs a revu ses prévisions à la baisse tout en restant prudent. La prime de risque ne disparaît pas du jour au lendemain. Mais la direction est claire.

Les prix à la pompe ce 20 juin : où en est-on ?

Voici les prix moyens nationaux relevés sur la semaine du 15 au 18 juin :

Carburant Prix moyen (18 juin) vs pic d'avril
Gazole ~1,994 €/L −0,40 €/L
SP95-E10 1,960 €/L −0,25 €/L
SP98 2,056 €/L −0,22 €/L
GPL 1,068 €/L stable
E85 0,843 €/L stable

Deux choses à noter dans ce tableau. D'abord, le E85 à 0,843 €/L : pendant toute la crise, ce carburant n'a quasiment pas bougé, car il ne dépend pas du cours du brut. Ceux qui ont fait la conversion ont traversé ces trois mois sans aucun choc. Ceux qui hésitent encore ont une leçon supplémentaire sous les yeux.

Ensuite, les disparités géographiques restent importantes. Paris affiche encore du gazole autour de 2,19 €/L, soit +10 € sur un plein de 50 L par rapport à un automobiliste breton — le Finistère reste le département le moins cher de France, avec un gazole à 2,003 €/L. La grande distribution bretonne fait ce qu'elle a toujours fait : rogner les marges pour attirer le client.

Aide grands rouleurs et prix plafonnés : profitez-en maintenant

Deux bonnes nouvelles concrètes à ne pas rater ce week-end.

L'aide carburant grands rouleurs : 100 € à aller chercher

Le gouvernement a officialisé une indemnité carburant de 100 € pour les travailleurs « grands rouleurs » modestes. Le formulaire est ouvert depuis le 27 mai sur impots.gouv.fr et le restera jusqu'au 27 juillet. Le versement intervient dans un délai d'environ 10 jours après le dépôt, directement sur votre compte bancaire.

Vous êtes éligible si vous remplissez ces trois conditions : utiliser votre véhicule personnel pour travailler (au moins 15 km de votre lieu de travail, ou 8 000 km/an pour les professions mobiles), avoir un revenu fiscal de référence 2024 inférieur à 16 880 € par part, et ne pas être assujetti à l'IFI. Salariés comme indépendants sont concernés. Environ 3 millions de Français entrent dans ces critères.

TotalEnergies : prix unique ce week-end Fête des Pères

Ce samedi 20 juin et dimanche 21 juin, TotalEnergies applique son opération « prix unique » dans l'ensemble de ses 3 300 stations françaises : essence à 1,99 €/L et diesel à 2,09 €/L. Si vous devez faire le plein pour un déplacement familial ce week-end, c'est clairement le bon moment.

Sur le reste du mois de juin, le groupe maintient ses plafonds habituels : 1,99 €/L pour l'essence et 2,25 €/L pour le diesel dans tout le réseau. Les clients TotalEnergies Électricité & Gaz avec l'option « avantage carburant » ont accès à un plafond de 1,99 €/L sur tous les carburants, diesel compris, et même sur autoroute.

Et maintenant, les prix vont-ils encore baisser ?

La trajectoire des prochaines semaines dépend de deux variables. Première variable : la tenue de l'accord Iran-USA. Si le détroit d'Ormuz reste ouvert et que les exportations iraniennes reprennent normalement, les analystes tablent sur un Brent autour de 65-75 $ d'ici fin juillet. Ce qui devrait ramener le gazole sous 1,85 €/L en moyenne nationale — un niveau qu'on n'a pas vu depuis le début de l'année.

Deuxième variable : le comportement de l'OPEP+. Le cartel avait annoncé une hausse de quotas pendant la crise, mesure qui reste purement symbolique maintenant qu'Ormuz rouvre. Si la production mondiale augmente rapidement, la pression à la baisse sur les prix sera renforcée. Citi prévoit même un Brent entre 60 et 65 $ au premier trimestre 2027.

Voilà le truc : la baisse à la pompe ne sera pas instantanée. Les raffineurs et les distributeurs ont leurs propres stocks à écouler à des prix d'achat plus élevés. Il faut compter 2 à 4 semaines de décalage entre la chute du brut et la répercussion réelle au comptoir. Mais la direction est bonne, et pour la première fois depuis mars, vous pouvez regarder l'aiguille de votre jauge avec un peu moins d'angoisse.

Pour suivre l'évolution des prix au jour le jour près de chez vous, consultez nos statistiques nationales ou utilisez directement notre comparateur pour trouver la station la moins chère dans votre secteur — les écarts peuvent encore dépasser 15 centimes par litre selon les enseignes et les départements.