- Gazole à 2,228 €/L, SP95-E10 à 2,069 €/L ce 3 septembre : on est quasiment revenu au pic de mars
- Le Brent a bondi à plus de 95 $/baril en quelques jours après la reprise des combats entre les États-Unis et l'Iran
- Cette flambée met 2 à 6 semaines à se répercuter à la pompe : le plus dur n'est peut-être pas encore passé
- TotalEnergies plafonne l'essence à 1,99 €/L et le diesel à 2,25 €/L, "tant que le conflit durera" selon son PDG
- Le Superéthanol-E85 reste à 0,874 €/L, plus de deux fois moins cher que le sans-plomb
Où en sont les prix ce 3 septembre 2026
Ce jeudi, le gazole s'affiche à 2,228 €/L en moyenne nationale, en hausse de 0,6 centime sur la seule journée. Le SP95-E10 grimpe à 2,069 €/L, le SP98 à 2,158 €/L. Franchement, ces chiffres devraient vous rappeler quelque chose : on est quasiment revenus au pic atteint fin mars, au plus fort de la crise du détroit d'Ormuz.
Le tableau ci-dessous parle de lui-même. Six mois après le début du conflit au Moyen-Orient, la rentrée n'a rien d'un soulagement pour les automobilistes.
| Carburant | Avant la crise (fév. 2026) | Pic de mars 2026 | Aujourd'hui (3 sept.) |
|---|---|---|---|
| Gazole | 1,82 €/L | 2,22 €/L | 2,228 €/L |
| SP95-E10 | 1,77 €/L | 1,99 €/L | 2,069 €/L |
| SP98 (E5) | 1,82 €/L | 2,07 €/L | 2,158 €/L |
| Superéthanol-E85 | 0,75 €/L | 0,81 €/L | 0,874 €/L |
Seul le E85 continue sa route tranquillement, à peine grignoté par la crise. Sa fiscalité allégée l'isole en grande partie des soubresauts du baril, contrairement aux carburants fossiles.
Pourquoi le pétrole s'est emballé ces derniers jours
Le 28 février dernier, une opération militaire américano-israélienne contre l'Iran avait déclenché la fermeture du détroit d'Ormuz, ce passage par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial. Le Brent avait alors flambé jusqu'à plus de 119 $/baril. Un cessez-le-feu signé en avril, puis un autre en juin, avaient permis une accalmie et un retour progressif sous les 80 $.
Sauf que la trêve n'a jamais vraiment tenu. Des attaques contre des navires marchands en juillet, puis une reprise franche des combats début septembre, ont de nouveau fait grimper le baril : de moins de 89 $ le 30 août à plus de 95 $ trois jours plus tard, soit une hausse de près de 20 % sur le seul mois d'août. Soyons honnêtes : ce n'est pas un détail. Un baril qui prend 10 $, c'est environ 7 centimes de plus par litre à la pompe, avec un décalage de 10 à 15 jours en moyenne avant que la hausse s'affiche vraiment sur les panneaux des stations.
Autrement dit, la flambée de ces derniers jours n'a pas fini de se répercuter sur vos pleins. Une partie du choc est déjà visible dans les prix relevés cette semaine, mais le plus gros du mouvement arrivera plutôt courant septembre.
Le plafond TotalEnergies, votre filet de sécurité
Bonne nouvelle au milieu de ce tableau : depuis le 22 juillet 2026, TotalEnergies plafonne l'essence à 1,99 €/L et le diesel à 2,25 €/L dans ses 3 300 stations de France métropolitaine, autoroutes comprises. Le 29 août, son PDG Patrick Pouyanné a confirmé sur France Inter que ce plafond serait maintenu "tant que le conflit au Moyen-Orient durera".
Voilà le truc à retenir : ce plafond ne joue pas de la même façon selon le carburant. Sur l'essence, la moyenne nationale (2,069 €/L) dépasse déjà le seuil de 1,99 €/L : faire le plein chez Total peut donc vous faire économiser autour de 8 centimes par litre, soit environ 4 € sur un plein de 50 litres. Sur le diesel, en revanche, la moyenne nationale (2,228 €/L) reste encore sous le plafond de 2,25 €/L : pour l'instant, il ne change quasiment rien à la note. Ça pourrait changer vite si le baril continue de grimper.
Les clients TotalEnergies Électricité & Gaz inscrits à l'avantage carburant conservent, eux, un plafond à 1,99 €/L sur tous les carburants jusqu'à fin 2026, quel que soit le contexte.
Et pour la suite : à quoi s'attendre
D'ordinaire, septembre-octobre marque plutôt une pause : la saison des départs se termine, la demande mondiale retombe, les raffineries basculent vers les formulations d'hiver. Cette année, cette mécanique saisonnière est contrariée par un facteur bien plus lourd : la reprise des hostilités au Moyen-Orient et son effet différé sur les prix. Concrètement, attendez-vous à des prix qui continuent de grimper sur les prochaines semaines, le temps que la hausse du Brent finisse de se diffuser jusqu'aux pompes.
Sur le fond, deux tendances structurelles restent à surveiller. D'abord, la convergence fiscale entre le gazole et l'essence, prévue par la loi de finances jusqu'en 2030, ajoute chaque année 1 à 2 centimes de hausse sur le diesel, indépendamment du contexte international. Ensuite, aucune nouvelle remise carburant ni bouclier tarifaire national n'est pour l'instant annoncée par le gouvernement, même si le budget 2027 pourrait remettre le sujet sur la table.
Bref, tant que le conflit Iran-États-Unis ne trouve pas d'issue durable, le principal levier pour limiter la casse reste de comparer les stations avant de faire le plein, de privilégier les enseignes qui plafonnent leurs prix, et de regarder du côté du E85 si votre véhicule le permet. Suivez les prix près de chez vous avec notre comparateur et consultez les statistiques nationales pour repérer les tendances avant qu'elles ne s'affichent partout.