Le SP98 reste le carburant qui totalise le plus de ruptures déclarées dans nos données. Pourtant, son compteur baisse : il passe de 1 616 signalements le 3 novembre à 1 357 le 6 novembre à 19 h. C’est 259 de moins, soit un recul de 16 % environ sur ces deux observations.
Le gazole suit lui aussi une détente, plus rapide en proportion sur la même comparaison. Le phénomène mérite davantage qu’un simple titre annonçant une pénurie : les chiffres décrivent des états déclarés à des instants différents, sans établir pourquoi telle ou telle station a retrouvé du carburant.
- SP98 : 1 616 ruptures le 3 novembre, puis 1 357 le 6 novembre à 19 h, soit −259 (−16,0 %).
- Gazole : 975 puis 557, soit −418 (−42,9 %) dans les mêmes relevés publiés.
- Au 6 novembre à 19 h, le SP98 représente 14,5 % du parc suivi, contre 5,9 % pour le gazole.
- Une rupture concerne un produit ; ces pourcentages ne sont pas des taux calculés uniquement parmi les stations qui distribuent chaque carburant.
259 ruptures déclarées en moins pour le SP98 : le détail
Le 3 novembre, notre article consacré au SP98 reprenait un relevé de 1 616 stations signalées en rupture pour ce carburant, avec 975 signalements pour le gazole. Trois jours plus tard, le panneau « météo des ruptures » de nos statistiques, daté du 6 novembre à 19 h, affiche 1 357 ruptures SP98 et 557 ruptures gazole.
| Carburant | 3 novembre | 6 novembre, 19 h | Écart | Variation calculée |
|---|---|---|---|---|
| SP98 | 1 616 | 1 357 | −259 | −16,0 % |
| Gazole | 975 | 557 | −418 | −42,9 % |
Ces variations sont calculées à partir de deux relevés publiés ; elles ne décrivent pas une trajectoire quotidienne continue. Une station peut sortir du groupe des ruptures, une autre y entrer et le parc suivi évoluer entre deux extractions. Il serait donc abusif d'affirmer que 259 livraisons ont eu lieu ou que 259 stations précises ont été réapprovisionnées.
Le gazole enregistre ici la plus forte diminution, en nombre absolu comme en pourcentage. L'écart de ruptures entre SP98 et gazole passe de 641 à 800 signalements. Même lorsque les deux nombres baissent, leur écart peut s’élargir.
14,5 % contre 5,9 % : attention à la comparaison
Au relevé du 6 novembre à 19 h, la rubrique indique 14,5 % du parc suivi pour le SP98 et 5,9 % pour le gazole. Le SP98 a donc environ 2,46 fois plus de signalements rapportés au parc total dans cet affichage. Cela ne permet pas de conclure qu’une station proposant du SP98 a 2,46 fois plus de risques de rupture qu’une station proposant du gazole.
Pour calculer ce risque correctement, il faudrait disposer du nombre exact de stations qui commercialisent chaque produit au même instant, d’une définition homogène de la rupture et d’un suivi comparable. Toutes les stations ne vendent pas forcément du SP98, de l’E85 ou du GPL. Un pourcentage affiché sur le parc général n’est pas automatiquement une probabilité pour un conducteur donné.
Autre nuance essentielle : les déclarations de rupture proviennent des informations disponibles dans les jeux de données. Une information manquante n’est pas nécessairement une rupture déclarée. Et une rupture SP98 ne signifie pas que les autres carburants de la station sont indisponibles.
Livraisons, demande, distribution : ce que les chiffres ne prouvent pas
Il serait tentant d’expliquer la différence par une demande plus forte, une politique de réapprovisionnement ou une moindre présence des cuves de SP98. Ces éléments sont des pistes d’analyse, pas des conclusions démontrées par les deux tableaux. Sans informations sur les livraisons, les ventes et le nombre de points de vente par carburant, aucune causalité n’est vérifiable.
Le fait solide est plus restreint, mais utile : dans nos relevés, les signalements de rupture baissent sur les deux carburants entre le 3 et le 6 novembre, tout en restant plus nombreux pour le SP98. La prochaine étape d’une analyse approfondie serait de suivre des taux calculés sur les stations réellement distributrices de chaque produit et sur plusieurs relevés cohérents.
Il ne faut pas non plus confondre disponibilité et tarif. Le prix moyen du SP98 atteint 2,174 €/L au relevé du 6 novembre, mais une station affichant un prix ancien peut avoir vu sa situation changer depuis sa déclaration. Un prix enregistré ne garantit ni le stock ni le tarif au moment où l’on arrive à la pompe.
SP98 : comment éviter un déplacement inutile ?
Pour un automobiliste qui doit impérativement utiliser du SP98, le premier critère n’est pas seulement le prix le plus bas. Il faut d’abord repérer une station qui annonce ce carburant disponible, regarder la fraîcheur de l’information, puis comparer les prix parmi les points de vente compatibles avec le trajet.
- Choisissez le SP98 dans notre comparateur de stations, sans confondre l’affichage avec celui du SP95-E10.
- Vérifiez le statut de disponibilité et l’heure de la dernière déclaration.
- Évitez d’allonger fortement le trajet pour quelques centimes par litre si le stock reste incertain.
- N’utilisez un carburant de substitution que si le constructeur confirme sa compatibilité avec votre véhicule.
Une baisse nationale des signalements est encourageante, mais elle ne préjuge pas d’une station précise. Entre le 3 et le 6 novembre, le SP98 a perdu 259 signalements de rupture tandis que le gazole en perdait 418 : la situation évolue, sans être uniforme. Pour le prochain plein, la donnée réellement décisive reste celle du produit recherché, dans une station sur votre parcours et au moment le plus proche possible du départ.